
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la Transition
Monsieur le Président de la transition, je souhaite attirer votre attention sur une réalité inquiétante qui menace l'harmonie de notre nation. Ce problème, déjà source de troubles durant le précédent régime, refait surface et exige une réponse rapide. Depuis la publication du livre « La Guinée est une famille » de Nènè Moussa Camara-Maléya en 1991, cette phrase a trouvé un écho chez de nombreux Guinéens, souvent utilisée à des fins opportunistes. Pourtant, dans la vie quotidienne, l'esprit d'unité semble souvent oublié. L'ethnocentrisme, le régionalisme et le clanisme persistent, alimentant des rivalités où chaque communauté accuse l'autre de ses malheurs. Un incident marquant a eu lieu en 2018 à Kindia lors des élections communales, où un chef coutumier a ouvertement remis en question la légitimité d'un candidat, illustrant ainsi le mépris pour l'unité nationale. Malheureusement, ces propos n'ont pas été sanctionnés, malgré la clarté de la loi sur la citoyenneté. Chaque Guinéen a le droit de se sentir chez lui sur l'ensemble du territoire, et traiter un compatriote d’étranger constitue une atteinte à son intégrité. Plus troublant encore, un groupe soutenu par ce même chef coutumier a été impliqué dans des expropriations illégales, créant un climat de peur et de méfiance. L'État, à plusieurs reprises, a omis de traduire ces fauteurs de troubles en justice, renforçant ainsi l'impunité. Aujourd'hui, ces acteurs néfastes semblent se réorganiser pour poursuivre leurs activités perturbatrices. Connaissant votre attachement à l'unité nationale, je suis convaincu que vous ne laisserez pas ces groupuscules semer le chaos. Votre refus de partager un gâteau en forme de carte de la Guinée à l'occasion des vœux de 2025 témoigne de votre engagement à préserver l'intégrité de notre patrie. Le précédent régime a permis à ces individus de prospérer, décourageant toute plainte en affirmant qu'ils jouissaient de la protection du pouvoir. Cependant, depuis votre arrivée, des dossiers comme celui de LabéSanyi ont enfin commencé à avancer. Il est impératif de rappeler que tous les Guinéens sont chez eux en République de Guinée. La localisation de notre capitale en basse-côte est un héritage colonial, et chaque citoyen doit avoir le droit de se porter candidat sur l'ensemble du territoire, conformément aux lois établies. L’élection doit être un choix libre et éclairé des électeurs. Ensemble, nous devons œuvrer pour une Guinée unie, où chaque voix compte et chaque citoyen se sent en sécurité. C'est ainsi que nous construirons un avenir meilleur pour notre nation.
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