Sanoyah : une manifestation de femmes contre l’installation du nouveau maire dispersée à coups de gaz lacrymogènes

Une manifestation spontanée a éclaté ce vendredi 3 juillet au marché Km36, dans la commune de Sanoyah. À l’origine de ce mouvement, un groupe de femmes opposées à l’installation du nouveau maire, Sabary Conté installé à l’issue du processus d’installation des conseillers communaux .

La mobilisation a toutefois été rapidement dispersée par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes.
D’après les informations recueillies sur place, ces femmes étaient massivement sorties pour dénoncer les conditions dans lesquelles s’est déroulé le processus d’installation des conseillers communaux de Sanoyah, mais aussi pour contester la désignation de Sabary Conté à la tête de la mairie. Elles réclament à la place l’installation de Hadja Kanké Yakha Camara, qu’elles considèrent comme la personnalité la plus légitime pour diriger la commune.

Interrogée sur les raisons de cette mobilisation, Nana Souaré, l’une des manifestantes, a livré son explication :
« Nous avons voté pour Yakha car elle s’est beaucoup battue pour la cause commune de Sanoyah. Au début même, elle voulait être députée. Donc, à notre grande surprise, on l’a faite tête de liste du GMD à Sanoyah puisque nous savons tous que c’est elle qui a mobilisé la population de Sanoyah lors de la campagne présidentielle pour voter pour le président Mamadi Doumbouya. Depuis lors, elle défend le président partout. Quand elle a été tête de liste du GMD à Sanoyah, nous avons pensé que c’était une manière pour Mamadi Doumbouya de récompenser Hadja Yakha Camara pour ses bonnes actions. Mais à notre grande surprise, hier, on nous annonce que c’est Sabary Conté qui a gagné, chose que nous n’avons pas digérée. Savoir que nous avons voté une femme et que nous voyons un homme à la tête, c’est décevant », a-t-elle expliqué.

Poursuivant son intervention, Nana Souaré a indiqué que, malgré leur déception, les soutiens de Yakha Camara entendent demeurer fidèles au chef de l’État.
« Notre présidente Yakha nous a dit de rester toujours derrière Mamadi Doumbouya, peu importe la situation. Donc nous avons tout de même décidé de sortir aujourd’hui pour manifester notre mécontentement, pour réclamer notre droit et demander que les autorités s’impliquent afin que notre Yakha revienne à la tête de la commune. Mais les policiers sont venus nous lancer des gaz lacrymogènes. Il y en a parmi nous qui ont été blessées, d’autres se sont évanouies, alors que nous n’avons insulté personne, nous exprimions juste notre mécontentement », a-t-elle dénoncé.

Une autre manifestante, manifestement très remontée, a à son tour réaffirmé la détermination des femmes mobilisées à obtenir l’installation de Hadja Kanké Yakha Camara à la tête de la mairie.
« On est sorties pour réclamer notre présidente Yakha Camara. Nous, c’est pour elle qu’on a voté et c’est elle qu’on veut à la tête de la mairie. Nous ne voulons personne d’autre. Il faut l’homme à la place qu’il faut. Nous, à Sanoyah, c’est Yakha qu’on connaît, car c’est elle qui peut gérer. Donc nous voulons qu’on la remette à sa place, sinon d’ici demain vous allez voir autre chose à Sanoyah », a-t-elle insisté.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur les lieux, cette manifestation s’est soldée par l’interpellation de plusieurs femmes, qui ont été conduites vers les CMS de Coyah. D’autres protestataires, blessées ou fortement incommodées par les effets des gaz lacrymogènes, ont été transportées dans des structures sanitaires pour y recevoir des soins.

Au moment où nous quittions les lieux, les manifestantes, toujours déterminées à faire entendre leur voix, envisageaient de se rendre au gouvernorat de la ville de Conakry afin de poursuivre leur protestation contre l’installation du nouveau maire de Sanoyah.






A. Camara, pour Guineebiz.com

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