Au Venezuela, 80 prisonniers politiques libérés dans le cadre de la loi d'amnistie
Quatre-vingt prisonniers politiques ont été libérés samedi au Venezuela dans le cadre d'une amnistie accordée à 379 personnes, promise par le gouvernement intérimaire aux États-Unis, à la suite de la capture de l'ancien président Nicolas Maduro. Une commission doit examiner les dossiers de plus de 1 500 autres détenus.
De nouvelles libérations au Venezuela. Quatre-vingt prisonniers politiques ont été libérés samedi 21 février dans le cadre d'une amnistie accordée à 379 personnes, une commission devant examiner les dossiers de plus de 1 500 autres.
"Aujourd'hui, 80 libérations ont eu lieu" à Caracas, a déclaré le président du Parlement Jorge Rodríguez à l'AFP après que la justice vénézuélienne a accordé la liberté à 379 prisonniers politiques à la suite de l'adoption de cette loi d'amnistie.
En outre, la loi d'amnistie au Venezuela accordera la pleine liberté à 11 000 prisonniers politiques qui ont passé près de trente ans en prison et ont ensuite été placés en liberté conditionnelle, a expliqué Jorge Rodríguez lors d'une conférence de presse.
"Cette loi concerne 11 000 personnes qui, dans le cadre du système judiciaire vénézuélien, ont bénéficié de mesures alternatives à l'emprisonnement", a-t-il souligné. "La loi prévoit la levée de ces mesures alternatives afin que ces personnes puissent jouir de leur pleine liberté."
Par ailleurs, l'Assemblée nationale a installé vendredi une commission spéciale chargée d'analyser les dossiers de prisonniers politiques exclus de l'amnistie. Au total, 1 557 détenus ont demandé leur libération en vertu de la loi, selon Jorge Rodriguez.
Promesse aux États-Unis
La justice vénézuélienne a accordé la liberté à 379 prisonniers politiques, avait annoncé tard dans la nuit de vendredi le parlementaire auteur du texte de loi d'amnistie.
Celle-ci avait été promise par le gouvernement intérimaire à la suite de la capture de l'ancien président Nicolas Maduro par les États-Unis.
Ces personnes "doivent être libérées et amnistiées entre ce soir et demain matin", avait annoncé le parlementaire Jorge Arreaza, lors d'une interview télévisée, précisant que "le ministère public a adressé aux tribunaux compétents des demandes d'amnistie".
Cette loi, votée par les députés et promulguée jeudi, avait été promise sous la pression des États-Unis par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a pris les rênes du pouvoir après la capture du président Nicolas Maduro au cours d'une opération militaire américaine le 3 janvier.
Plusieurs experts mettent néanmoins en doute sa portée : des centaines de détenus, tels que des policiers et des militaires impliqués dans des activités qualifiées de "terroristes", pourraient en être exclus.
La mesure ne couvre pas entièrement la période 1999-2026, celle des présidences d'Hugo Chavez (1999-2013) et de son successeur Nicolas Maduro, la loi faisant référence à 13 périodes précises.
Aux abords des prisons, de nombreux proches de détenus politiques attendent depuis des semaines la libération potentielle de leur proche.
Amnistie limitée ?
"Nous sommes nombreux à savoir que la loi d'amnistie ne concerne pas nos proches", craint Hiowanka Avila, 39 ans, que l'AFP a rencontrée avant cette annonce tardive. Son frère Henryberth Rivas, 30 ans, a été arrêté en 2018, accusé d'avoir participé à une tentative d'assassinat de Nicolas Maduro.
"Il ne nous reste qu'à attendre une autre mesure, une grâce peut-être", a-t-elle déploré devant la prison Rodeo 1, à une quarantaine de kilomètres de Caracas, où de nombreux détenus sont des militaires ou des policiers.
D'après l'ONG Foro Penal, 448 prisonniers politiques sont sortis de cellule depuis l'annonce de libérations conditionnelles par le gouvernement intérimaire début janvier, mais près de 650 autres croupissent toujours en prison.
Vendredi, le directeur de Foro Penal, Alfredo Romero, a relevé en conférence de presse que l'amnistie n'était "pas automatique", critiquant la procédure à suivre en justice pour pouvoir en bénéficier.
"Le bilan de la loi est négatif" parce qu'elle laisse beaucoup de gens de côté, juge Ali Daniels, le directeur de l'ONG Acceso a la Justicia, qui met en exergue de "graves déficiences structurelles".
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