Sujet de réflexion. Par Paul Théa

Malgré mon aversion pour la politique guinéenne, je trouve parfois nécessaire de faire des interventions ou de proposer des sujets de réflexion qui concerne notre pays comme c’est le cas ici.

J’aimerais auparavant donner mon avis sur la création du Bloc Libéral par le Dr Faya Millimouno ; je connais un peu l’homme que j’ai rencontré quelquefois ; je connais un peu plus ses idées pour avoir eu l’occasion de discuter avec lui à plusieurs reprises au téléphone et pour l’avoir interviewé chez lui aux USA.

Je l’admire dans son sens de la justice pour tous ; sa condamnation de toutes les injustices envers tous les Guinéens le confirme.

Je trouve qu’il a eu raison de démissionner de son ancien parti et de créer le sien ; il n’est pas le premier et il ne sera pas le dernier à le faire ; la seule chose que je ne lui pardonnerai pas et je crois que ce sera le cas de beaucoup de démocrates, serait de reproduire les mêmes travers que des partis existants.

Le Dr Faya n’est pas seulement une menace pour les leaders de la Forêt comme affirmé dans un article, mais pour tous ces politiciens qui trainent des casseroles et qui franchement, ne proposent rien de concret, ou de nouveau. La politique en Guinée se résume en ce moment à « quitte le fauteuil pour que je m’y installe ».

En tout cas, j’ai de l’admiration pour le Dr Faya et de la sympathie pour son combat mais je ne serai pas membre de son parti ; d’ailleurs je n’ai jamais adhéré à un parti. Par contre, je lui ai toujours dit que sur le plan de communication, s’il a besoin de mes services, je mettrai à sa disposition ma petite expérience.
Le second volet, rapidement abordé ici, c’est l’optimisme que certains affichent concernant les législatives ; attention, je suis pour les législatives afin de sortir de cette transition mais j’ai des doutes quand à l’efficacité de certains députés.

Quelqu’un avait fait cette remarque quand les partis politiques de l’opposition ont désigné leur représentant à la CENI ; on y voit des transfuges politiques et l’absence des jeunes ; ce qui me pousse à penser aux représentants des partis sur les listes de la future élection législative.

On verra des militants des premières heures comme on dit chez nous, bien placés sur les listes, même si leur niveau de compétence reste à désirer. Que croyez-vous que ces gens vont apporter à l’Assemblée ?

Je vous cite ici, un fait réel ; lors d’un de mes séjours en Guinée, au temps de Conté, en visite dans une famille, je retrouvai là une dame députée et lors de nos discussions, j’avais avancé quelques idées sur le tourisme en Guinée. Avec tout le sérieux du monde, cette dame déclara « c’est une bonne idée, ce que moi je vous conseillerais, c’est d’envoyer à l’Assemblée nationale une lettre synonyme » ; j’ai ouvert de grands yeux alors elle continua « oui, une lettre sans votre nom, ainsi nous allons débattre ces sujets à l’Assemblée».

Pauvre pays, où une honorable ne sait pas la différence entre anonyme et synonyme, et qui ne savait même pas la procédure des sujets à débattre ; vous envoyez une lettre anonyme et hop le sujet est à débattre à l’Assemblée.

Avec la plupart de nos leaders qui aiment des bénis oui oui à leur dévotion, je ne serais pas surpris que des moins compétents soient bien placés sur leurs listes respectives ; bonjour l’efficacité à l’Assemblée nationale.

Venons maintenant au sujet de réflexion pour le futur de notre pays et qui demandera un changement dans notre constitution si une telle mesure s’applique.

Organiser des élections pour élire les chefs de quartier ; ensuite les maires, puis les préfets et enfin les gouverneurs des régions. Seuls les chefs de quartier peuvent êtres candidat à la mairie ; les maires à la préfecture et les préfets à la fonction de gouverneur ; enfin seuls les gouverneurs peuvent être candidats à l’élection présidentielle.


Mon analyse :

Ma première idée est la limitation du nombre de candidats aux élections présidentielles ; sinon le critère financier a bien montré que ceux qui peuvent payer ne sont pas forcément les plus compétents ou les plus propres de notre système.

Quand certains suggèrent d’avoir deux blocs comme aux USA, sur quels critères mettre les partis politiques en groupe ; alors que par une telle méthode, nous n’aurons à chaque élection, que quatre candidats à la présidentielle.

Ensuite quelqu’un qui aura su gérer efficacement un quartier, une ville, une préfecture et une région (puisqu’il se servira de ses bilans successifs pour se faire élire dans les différentes élections), sera plus crédible à mes yeux que quelqu’un qui débarquera de nulle part avec des promesses à vous faire dormir débout.

De la Guinée profonde que je connais, je peux affirmer que le bas peuple en a assez des beaux discours ; il veut des actes. Nous avons besoin d’un véritable changement de mentalité en Guinée.

Pour qu’un jour, dans nos différentes élections, la question que l’on se pose soit du type : « Croyez-vous à quelqu’un qui vous montre ce qu’il peut faire ou à celui qui vous montre ce qu’il a pu faire ? »

Voilà quelques idées qui me trottent dans la tête avant mon article sur les Ballets africains.


Paul Théa

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