Guinée: des assises nationales annoncées à partir du 22 mars 2022

Le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a annoncé, jeudi 10 mars 2022, en Conseil des ministres, la tenue d'assises nationales à partir du 22 mars. Ces assises auront lieu sur l'ensemble du territoire.

Le programme détaillé et la durée de ces assises ne sont pas encore connus. Le Premier ministre, le ministre de l’Administration du territoire et le ministère des Affaires étrangères sont chargés de préparer ces rencontres.
Les assises devraient tourner autour des questions de réconciliation nationale et de justice transitionnelle. Avec une inconnue : « On ignore si les réformes politiques et économiques seront aussi abordées », s'interroge un acteur de la société civile.
Les assises seront ensuite suivies d'un « dialogue national ». Des rencontres tant réclamées par les politiques, qui veulent donner leur avis sur la durée de la transition. Il y a deux jours, 58 partis politiques ont dénoncé le manque de concertation et « la vision unilatérale du CNRD » dans la conduite des affaires publiques.
Faut-il voir, dans cette annonce, une réponse à cette déclaration des partis politiques qui menacent de manifester ? C'est une « coïncidence », nuance un observateur, qui relève que les courriers concernant les assises étaient déjà signés.
Cette annonce serait plutôt liée au discours du président de la transition le 31 décembre dernier. Mamadi Doumbouya avait alors annoncé la tenue « de journées de vérité et du pardon » pour, selon lui, bâtir « une union sacrée ».

Opposition et société civile dubitatives

Mais du côté des formations politiques et société civile, on est pour le moment dubitatif concernant ces assises.Sayon Mara, militant RPG et conseiller national au sein du parlement de la transition, déplore le manque d'informations. « Quel sera le contenu, qui va diriger ces assises-là ? si les gens qui vont diriger ces assises n’ont pas une certaine crédibilité, ça devient un peu difficile. »
L'UFR de Sidya Touré espère plutôt l'ouverture d'un dialogue constructif avec la classe politique. Comme l'explique Mohamed Tall, son conseiller. « Nous savons qu’un pays voisin a organisé ce genre de rencontre, on sait ce qu’il en est sorti. Si on devait reproduire le même exercice ici, ce ne serait pas tellement utile. Ce qui serait utile en revanche, ce serait d’avoir un cadre de discussion sur le chronogramme, sur l’organe de gestion des élections, sur l’ensemble des questions qui permettront d’aller vers la sortie de la transition de manière apaisée. »
Ce manque de visibilité inquiète également l'Organisation guinéenne des Droits de l'Homme. Son porte-parole, Alseny Sall, regrette l'absence de concertation entre le CNRD et les acteurs de la société civile.
RFI

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